LA POUDRE DE PERLINPINPIN

 


L’eau minérale est une industrie qui se porte bien. Merci.

On ne compte plus le nombre de millions de bouteilles vendues dans le monde tous les jours. Dans le monde où on peut les payer... bien sûr ! Mais c’est un autre problème.

Mourant de soif l’autre jour dans une ville où l’eau des fontaines – pas de pot – n’est pas potable, je me suis offert une bouteille d’eau minérale dite «naturelle», appellation dont je me demande maintenant si elle est bien fondée.

Curieux de nature, j’ai lu avec une attention soutenue l’étiquette de la dite bouteille. Sous le titre «Propriétés» j’ai vu d’abord avec surprise que cette eau pouvait «être bue par tous».
Est-ce à dire que d’autres eaux ne peuvent être consommées que par des buveurs spéciaux ? J’avais eu de la chance de tomber sur cette eau-là... !!

Poursuivant ma lecture, j’ai vu que ce liquide possédait des teneurs intéressantes en bicarbonates, sulfates, calcium, magnésium et autres sels particuliers. Cette eau anodine, que j’avais achetée pour seulement étancher ma soif m’a paru posséder un listing médicamenteux beaucoup plus important que nombre de produits vendus dans le tréfonds des officines pharmaceutiques.

Cela m’a rendu inquiet.
Mais là où mon inquiétude a fait place à la panique, c’est lorsque j’ai lu ceci :
« Résidu sec = 312 mg/litre »

Cette eau (puissè-je me tromper, Ô Seigneur !) proviendrait donc d’une eau en poudre lyophilisée, comme les potages Royco ou Liebig, vendus en sachets !!

Vous prenez 312 mg d’eau lyophilisée, vous ajoutez un litre d’eau ordinaire (si vous en trouvez) et vous obtenez, ô miracle, un litre d’eau minérale «naturelle» !!

L’industrie agro-bouffimentaire mondiale vient d’inventer l’eau sèche.
Nous ne mourrons plus de soif. Il suffit d’ajouter de l’eau à la poudre d’eau. Deo Gratias.

 

 

Copyright Alain Gurly - 2005